iNTERACT @ Imagine Cup 2006
Software Design Invitational

13 août 2006

L'Inde, mes premières conclusions

Cette semaine passée à Agra et Delhi fut vraiment exceptionnelle. Par le Taj Mahal notamment, qu'il devient difficile de quitter des yeux, tant ses lignes sont parfaites.

Mais surtout par cette prise de conscience d'une réalité sociale qu'un être humain digne de ce nom ne peut tolérer : l'extrême misère d'une immense partie de la population dans un Etat qui ne pratique même pas la redistribution en paroles. Je voudrais citer deux anecdotes qui m'ont bouleversé.

La première : je parcourais le parc de notre splendide hôtel pour ramener des photos à faire rêver. Tout au bout, des ouvriers réparaient un petit bâtiment. J'avais l'intention de photographier mais n'ai pas eu le courage d'appuyer sur le déclencheur. Des hommes maçonnaient et attendaient tranquillement, assis en tailleur, qu'on leur apporte mortier et briques. Et qui préparait ce mortier et transportait briques et mortier ? Une femme de peut-être vingt-cinq ans avec deux jeunes marmots qui s'accrochaient à sa longue robe rouge. Et elle transportait tout cela sur sa tête, en ayant même à monter des escaliers. Même une caste scandaleusement défavorisée parvient encore à créer sa sous-caste encore plus défavorisée.

Et cette autre : cette gamine d'environ sept ans, tenant dans ses bras une petite sœur de deux ans peut-être. Elle mendiait pieds nus sur l'autoroute. Elle était près du rail de sécurité, côté route, sur bande rapide. La nuit commençait à tomber et elle tombe vite là-bas. J'ai jeté mes dernières pièces de roupies dans la berme centrale où elle aura au moins été en sécurité pour quelques secondes. Et ils sont une multitude de gamins et gamines ainsi obligés de mendier ?

L'Inde est encore très marquée par ce système de castes ainsi hiérarchisées : les prêtres d'abord (qui ont imaginé le système), les guerriers (des maharadjahs aujourd'hui recyclés en hôteliers de luxe), les commerçants et finalement ces intouchables (même si, officiellement, ceux-ci n'existent plus depuis 1948). Chacun naît, vit et se perpétue dans sa caste. Cloisonnement sans faille entre castes, jusqu'à la nuit des temps, sans aucune possibilité d'en changer. Inutile de dire que dans les esprits et les faits, cet ignoble système ségrégationniste, est encore particulièrement vivant et accepté.

Lors de la séance de clôture d'Imagine Cup 2006, Monsieur l'Honorable Ministre du Développement Economique est venu nous dire que l'Inde avait surtout besoin d'innovation. Permettez-moi de penser, Monsieur l'Honorable Ministre, que quel que soit le poids des traditions ancestrales qui vous arrangent si bien, permettez-moi de penser que l'Inde aurait surtout besoin du souffle de ceux qui ont mené à la Révolution française et aux Droits de l'Homme, avec ses trois piliers : la Liberté, l'Egalité et la Fraternité.

2 commentaires:

  • Hé oui, Imagine Cup c'est aussi de la sociologie, et peut-être plus simplement des petites leçons de vie, glanées au fil des jours.
    Liberté, égalité, fraternité, ça semble tellement banal. Et pourtant, c'est tellement peu fréquent. Et s'il n'y avait qu'une leçon à retirer de l'aventure ?

    Mais quand même, le Taj Mahal, ça j'aurais bien aimé :-)

    Par Blogger Bastianelli, à 16 août, 2006 18:58  

  • Phil Mickelson is experimenting with Callaway's FT-I, and Annika Sorenstam, who plays Callaway clubs on the LPGA tour, is testing it too, but she's reserving judgment until she hits it a few more times. GOLF MAGAZINE TaylorMade's Vincent disagrees. The chain-smoking Daly began his year with a tie for 28th at the Sony Open in Hawaii, which earned him a $36,140 paycheck. They're very calculating, technical people.

    Par Anonymous golfing equipment, à 20 février, 2007 01:01  

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